lundi 30 mars 2020

Échelle du monde


Les barreaux montent au ciel et ils parlent de nous
De ce qui existe ailleurs, du bord des mondes et entre les boussoles agitées
Et dans l’horloge aussi qui ne sait pas compter au-delà


Tout de guingois les barreaux te ressemblent
Et moi je suis le pied de métal
Ou de bois


Ce qui parle dans la prison, ce qui chuchote au fond de toi
Ce qui parle encore et ne se tait pas
Fait le tour de la terre et de l’imagination


Tout tordus les rails te ressemblent
Et moi je suis sans bagage sur le quai de ciment
Sans voix


La lune peut-être avait soupiré
L’échelle ne s’était point fatiguée de monter plus haut que les nuages
Où rêvent des cieux et des dieux


Toute branlante la chaise te ressemble
Avec ses traverses disjointes et ses pieds tors
Courbée là où la paix s’endort


Tu t’assois et regarde vers moi.

© Fabienne Roitel, 2019 (d'après le tableau Ma part de mystère d'Isabelle Lockwell)

dimanche 29 mars 2020

Retour au bleu


Retour au bleu
De l’enfance

Ce qui se cache sous le voile
La fragilité
Le souffle paisible
La vie

Une trace de ciel immuable
Dans cette petite tête pleine de demain et d’espoir

Voilà ce que je vois !

© Fabienne Roitel, 2020 (d'après le tableau Naissance de Maria Vinuesa).

jeudi 13 décembre 2018

Türkis, de Maria Vinuesa


Maria Vinuesa, peintre, Türkis, Münich, 2018.

Effrontément défier le temps dans le secret
de mon enfance où le plafond tenait lieu de voyage
avec ses étoiles ses comètes d’argent découpées dans le rouleau d’aluminium
j’avais onze ans et un gros trou dans le cœur     orphelin d’une galaxie

dans le froid sidéral qu’est-ce qui peut guérir de toi
maman ?
qu’est-ce que tu n’as pas dit ?
avec les mots et les sciences commence le monde
je suis dans le vertige des ciels métalliques
trop souvent seul dans l’énigme du temps.

(M. H., Bonheur de ciel, Québec, 2018)